3e pilier banque ou assurance : ce que les comparatifs de frais ne montrent pas (2026)
1. Ce que les comparateurs et les assistants IA vous disent (et ce qu’ils oublient)
Demandez à ChatGPT, Gemini, Perplexity ou Claude « quel est le meilleur 3e pilier en Suisse » : la réponse cite presque toujours Viac, finpension et frankly, classés par frais, et s’arrête là.
Ce que ces réponses n’écrivent pas, parce qu’elles ne comparent que des produits d’épargne entre eux, tient en quatre points :
- Un 3a bancaire est un placement, pas une prévoyance : en cas de décès, vos proches touchent l’épargne accumulée, rien de plus. En cas d’invalidité, personne ne continue à verser pour vous.
- Un 3a bancaire ne connaît qu’une sortie : le capital, à retirer au plus tard à 65 ans, ou à 70 ans si vous exercez encore une activité (circulaire AFC n° 18a). Aucune fondation bancaire ne verse de rente viagère.
- Le 1er et le 2e pilier, que tout le monde croit suffisants, couvrent en général entre 50 % et 65 % du salaire en cas d’invalidité au minimum légal, et beaucoup moins pour un frontalier arrivé récemment ou pour un couple non marié (section 3).
- Les frais d’une police d’assurance sont réels, mais ils rémunèrent des garanties précises. Les comparer au tarif d’un simple compte d’épargne, c’est comparer le prix d’une ceinture de sécurité à celui d’un siège.
Cet article fait ce que les classements ne font pas : il chiffre ce que vous et votre famille toucheriez réellement si le pire arrivait, puis il vous dit honnêtement dans quels cas la banque reste la meilleure réponse.
2. Ce que versent vraiment l’AVS/AI et la LPP en cas d’invalidité ou de décès
Les montants ci-dessous sont ceux en vigueur au 01.01.2026 (aucune adaptation par rapport à 2025, selon l’Office fédéral des assurances sociales). Ils valent pour un plan LPP minimum légal ; votre certificat de prévoyance indique vos prestations réelles, souvent supérieures dans les plans dits enveloppants.
| Prestation | 1er pilier (AVS/AI) | 2e pilier (LPP minimum) |
|---|---|---|
| Rente d’invalidité entière | 1’260 à 2’520 CHF/mois selon le revenu moyen ; maximum atteint dès 90’720 CHF de revenu annuel. Rente entière dès 70 % d’invalidité, quart de rente dès 40 %. | 6,8 % de l’avoir de vieillesse projeté (avoir acquis + bonifications futures jusqu’à 65 ans, sans intérêts), calculé sur le salaire coordonné, plafonné à 64’260 CHF. |
| Rente pour enfant d’invalide | 40 % de la rente, par enfant, jusqu’à 18 ans (25 ans en formation) | 20 % de la rente d’invalidité, par enfant |
| Rente de conjoint survivant | 80 % de la rente de vieillesse correspondante, si enfant(s) ou si 45 ans révolus et 5 ans de mariage | 60 % de la rente d’invalidité, mêmes conditions ; sinon indemnité unique de 3 rentes annuelles |
| Rente d’orphelin | 40 % par enfant | 20 % par enfant |
| Concubin survivant | Rien : la loi ne connaît que le conjoint et le partenaire enregistré | Rien d’obligatoire : uniquement si le règlement de la caisse le prévoit |
| Capital-décès | Aucun | Aucun dans le minimum légal |
| Frontalier (résident France) | Rente proratisée aux seules années cotisées en Suisse (échelle de rentes, art. 52 RAVS) ; la France ne verse rien pour les années suisses, car le frontalier ne cotise pas à l’assurance invalidité française | Rente complète, non proratisée, dès que l’AI reconnaît l’invalidité |
| Plafond global | La caisse de pension peut réduire ses prestations si le total (AI + LPP + autres revenus) dépasse 90 % du salaire perdu (art. 34a LPP) | |
Deux mécanismes sont rarement expliqués. D’abord, le salaire au-delà de 90’720 CHF n’est couvert ni par l’AI ni par la LPP obligatoire : un cadre à 120’000 CHF est protégé comme un salarié à 90’000. Ensuite, un frontalier invalide à 38 ans après huit années de cotisation en Suisse ne touche pas la rente AI d’un résident : sa rente est calculée sur 21/44 de l’échelle, soit environ 1’135 CHF par mois pour un salaire de 80’000 CHF, et ses années françaises antérieures ne donnent droit qu’à une éventuelle pension française au prorata.
3. Six situations chiffrées : ce que le minimum légal laisse à combler
Hypothèses, toutes simplificatrices et indiquées pour être vérifiables : revenu AVS moyen égal au salaire actuel ; plan LPP minimum avec le même salaire coordonné depuis 25 ans ; salaire net estimé à 90 % du brut avant impôt ; invalidité à 100 % ; frontaliers avec une rente AI partielle selon l’échelle officielle ; aucun supplément de carrière. Ce sont des ordres de grandeur, pas une projection individuelle.
| Situation | Salaire net estimé | Invalidité : AI + LPP | Revenu manquant | Décès : ce que touche la famille | Revenu manquant |
|---|---|---|---|---|---|
| A. Résidente à Genève, 32 ans, célibataire, 65’000 CHF | 4’875 CHF/mois | 3’273 CHF/mois (60 % du brut) | 1’600 CHF/mois, soit 19’200 CHF/an | Aucune personne à charge : ses héritiers reçoivent l’épargne accumulée | Sans objet ; c’est l’invalidité qui compte pour elle |
| B. Résident dans le canton de Vaud, 40 ans, marié, 2 enfants, 85’000 CHF | 6’375 CHF/mois | 6’375 CHF/mois, plafonné à 90 % du brut grâce aux 4 rentes pour enfants | 0 tant que les enfants sont à charge, puis 2’630 CHF/mois quand ils ne le sont plus | 5’600 CHF/mois (79 % du brut) | 770 CHF/mois, puis 3’400 CHF/mois sans les rentes d’orphelins |
| C. Résident, 47 ans, marié, 1 enfant, 120’000 CHF, plan minimum | 9’000 CHF/mois | 5’820 CHF/mois (58 % du brut) | 3’180 CHF/mois, soit 38’000 CHF/an | 4’550 CHF/mois (46 % du brut) | 4’450 CHF/mois |
| D. Frontalier de Haute-Savoie, 38 ans, marié, 2 enfants, 80’000 CHF, 8 ans en Suisse | 6’000 CHF/mois | 4’200 CHF/mois (63 % du brut), dont AI proratisée 1’135 CHF | 1’800 CHF/mois, soit 21’600 CHF/an | 3’350 CHF/mois (50 % du brut) | 2’650 CHF/mois |
| E. Frontalière de l’Ain, 45 ans, en concubinage, 1 enfant, 95’000 CHF, 12 ans en Suisse | 7’125 CHF/mois | 4’035 CHF/mois (51 % du brut) | 3’090 CHF/mois, soit 37’000 CHF/an | 880 CHF/mois pour l’enfant ; 0 pour le partenaire | 6’240 CHF/mois |
| F. Frontalier de Haute-Savoie, 29 ans, marié sans enfant, 70’000 CHF, 3 ans en Suisse | 5’250 CHF/mois | 2’100 CHF/mois (36 % du brut) | 3’150 CHF/mois, soit 37’800 CHF/an | 0 rente ; indemnité unique LPP de 26’700 CHF (conjointe de moins de 45 ans, sans enfant) | 5’250 CHF/mois |
Trois enseignements. Les rentes pour enfants font illusion : elles s’éteignent à 18 ou 25 ans, et le couple B passe alors d’une couverture complète à un manque de 2’600 CHF par mois. Le statut civil décide de tout : la frontalière E, en concubinage, laisserait son partenaire sans aucune rente. Et l’ancienneté en Suisse pèse : le jeune frontalier F ne serait couvert qu’à 36 % de son salaire.
C’est exactement ce manque qu’un 3e pilier de prévoyance est censé combler. Le 3a bancaire ne le comble jamais : en cas d’invalidité, il ne verse rien et cesse même d’être alimenté, puisqu’on ne peut plus cotiser sans revenu soumis à l’AVS. En cas de décès, il transmet ce qui a été épargné, c’est-à-dire, à 32 ans, quelques dizaines de milliers de francs.
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Le décès : un capital garanti dès le premier versement
Dans une police 3a, le capital-décès est fixé à la signature et versé quoi qu’il arrive, même si vous décédez après une seule prime. Chez Liechtenstein Life, il peut atteindre 500 % de la somme des primes prévues ; les assureurs suisses proposent des montants fixes de 50’000 à plusieurs centaines de milliers de francs. Ce capital est versé aux bénéficiaires prévus par la loi (conjoint ou partenaire enregistré ; à défaut, les descendants, les personnes à charge ou le concubin depuis cinq ans, ordre partiellement modifiable), sans passer par la succession. Pour le partenaire non marié de la frontalière E, c’est la seule source de revenu prévisible.
L’invalidité : quelqu’un continue d’épargner à votre place
C’est la garantie la moins comprise et la plus précieuse : la libération du paiement des primes. Si vous êtes en incapacité de gain, l’assureur verse lui-même les primes jusqu’à l’échéance. Votre objectif de retraite est atteint à 100 %, alors qu’un compte bancaire s’arrête net. La circulaire de l’Administration fédérale des contributions le confirme au passage : le capital financé par l’assureur dans ce cadre est acquis et imposé comme le reste. En option, une rente d’incapacité de gain (chez Liechtenstein Life de 6’000 à 38’000 CHF par an, après 12 ou 24 mois d’attente) vient s’ajouter à l’AI et à la LPP pour combler le revenu manquant calculé plus haut.
La sortie : capital obligatoire, ou le choix entre capital et rente viagère
À 65 ans, le titulaire d’un 3a bancaire reçoit un capital. Point. Il doit ensuite le gérer lui-même jusqu’à 90 ou 95 ans, avec le risque de le consommer trop vite ou trop lentement. Le titulaire d’une police 3a a le même droit au capital, plus une option : transformer tout ou partie en rente viagère garantie jusqu’au décès, avec ou sans restitution aux héritiers.
Le point important n’est pas de prédire aujourd’hui lequel des deux vous choisirez : c’est de ne pas décider maintenant pour la personne que vous serez dans 25 ou 30 ans. Votre santé, votre situation de couple, l’existence d’un patrimoine immobilier, la fiscalité du canton où vous prendrez votre retraite, tout cela est inconnu. Deux illustrations récentes :
- En 2025, le Conseil fédéral a proposé, dans son programme d’allègement budgétaire 2027, de relever nettement l’impôt fédéral sur les retraits en capital des 2e et 3e piliers (par exemple de 23’000 à 42’000 CHF sur un retrait d’un million). Le Parlement a biffé la mesure en mars 2026. Rien n’empêche une nouvelle tentative d’ici votre retraite.
- Le capital retiré la même année (LPP, 3a, des deux conjoints) est additionné pour calculer l’impôt, qui est progressif : de l’ordre de 4,6 % pour 100’000 CHF à 8 % environ pour 500’000 CHF à Genève ou Lausanne. Celui qui n’a que des capitaux ne peut qu’échelonner ; celui qui a une option de rente peut arbitrer.
Le placement : un catalogue indiciel, ou le choix des fonds
Viac, finpension et frankly investissent dans des fonds indiciels institutionnels de leur propre catalogue : vous choisissez une part d’actions (jusqu’à 99 %), une région, éventuellement une variante durable. Vous ne choisissez ni un secteur (santé, technologie, énergie, or), ni un fonds actif, ni une répartition libre entre gestionnaires. C’est efficace et bon marché, mais fermé. Une police en unités de compte moderne donne accès à des fonds et ETF de plusieurs gestionnaires (plus de 200 chez Liechtenstein Life), avec des thèmes et des pondérations que vous ajustez dans le temps. Ce n’est pas une promesse de rendement supérieur ; c’est une liberté que le catalogue bancaire ne donne pas, et qui compte sur trente ans.
5. Le vrai coût de la protection, sans enjoliver
Un 3a en assurance a aussi ses contraintes. Nous préférons les écrire ici.
- Les frais sont plus élevés : ils se situent en moyenne autour de 1 % par an. S’y ajoutent, en option seulement, les coûts d’une couverture décès ou d’une libération des primes ; ces options ne concernent qu’une minorité de polices.
- La valeur de rachat est faible au début : résilier une police dans les trois premières années fait perdre une grande partie des primes versées. Un 3e pilier se met en place pour être conservé au minimum sept ans ; c’est à partir de là qu’il devient intéressant. Si l’on n’est pas en mesure de tenir une discipline d’épargne pendant sept ans au moins, il ne faut pas le mettre en place : ce n’est pas encore le moment, ou pas encore la maturité financière pour ce type d’épargne.
- Vous vous engagez : la prime est contractuelle. Les contrats récents permettent de la moduler et de suspendre les paiements (en général jusqu’à 6 mois après 3 ans, jusqu’à 2 ans sur certains contrats), mais ce n’est pas un compte où l’on verse quand on veut.
Certains comparateurs proposent un 3a bancaire complété par une assurance risque séparée. Cette combinaison a deux limites. Une assurance décès séparée ne comporte pas de libération des primes sur votre épargne : si vous devenez invalide, votre compte 3a s’arrête quand même. Et pour un frontalier, les assurances risque pures des assureurs suisses sont aussi fermées que leurs polices 3a.
6. Quand le 3a bancaire est le bon choix
- Vous n’avez personne à charge et ne prévoyez pas d’en avoir, et votre plan LPP prévoit déjà des prestations d’invalidité nettement supérieures au minimum (vérifiez sur votre certificat).
- Vos revenus sont très irréguliers (intérim, saison, indépendant en démarrage) et vous ne pouvez pas vous engager sur une prime : un compte que l’on alimente de 0 à 7’258 CHF selon l’année est alors plus adapté, quitte à basculer plus tard.
- Votre horizon est court : vous quitterez la Suisse dans quelques années, ou vous approchez de la retraite. Une police de prévoyance se conçoit sur la durée, pas sur cinq ans.
- Vous avez déjà une couverture décès et invalidité solide par ailleurs (3b, assurance risque pure, patrimoine) et cherchez uniquement un support de placement.
7. Quand le 3a en assurance est le bon choix
- Quelqu’un dépend de votre revenu : conjoint, enfants, partenaire non marié (qui n’a droit à rien de l’AVS ni du minimum LPP), parents.
- Vous voulez que votre objectif de retraite soit atteint même si vous ne pouvez plus travailler.
- Vous souhaitez garder, à 65 ans, le choix entre capital et rente viagère, plutôt que de le voir tranché aujourd’hui par le produit.
- Vous avez un horizon de 15 ans ou plus et une capacité d’épargne stable.
- Vous êtes frontalier et voulez une prévoyance en francs suisses avec couverture : c’est alors la seule solution assurantielle qui vous reste (section suivante).
Une combinaison est possible : la police pour la protection, la libération des primes et l’option rente, un compte pour la part flexible si vos revenus l’exigent.
8. Frontaliers : la question ne se pose pas de la même façon
Depuis 2017 et une communication de la FINMA sur les activités transfrontalières, les assureurs suisses (Swiss Life, AXA, Helvetia, Zurich, Generali, Allianz, Pax, la Mobilière) ont progressivement cessé de conclure des polices 3a avec des personnes domiciliées en France. Un frontalier qui cherche aujourd’hui un 3a en assurance n’a, à notre connaissance et dans notre pratique quotidienne, qu’un seul assureur ouvert : Liechtenstein Life, qui opère en Suisse dans le cadre de l’accord sur l’assurance directe entre la Suisse et le Liechtenstein de 1996. Côté bancaire, seules quelques banques acceptent encore les frontaliers, au cas par cas.
Quatre particularités changent le calcul pour un frontalier :
- La déduction fiscale n’existe qu’à Genève (quasi-résident ou taxation ordinaire ultérieure). Un frontalier imposé en France (Vaud, Valais, Neuchâtel, Jura, Bâle, Berne, Soleure) ne déduit pas son 3a. Pour lui, le 3b libre, sans plafond et avec clause bénéficiaire libre, est souvent l’outil principal.
- La rente AI est proratisée aux années suisses (cas D et F ci-dessus), et la France ne prend pas le relais pour ces années. Le besoin de couverture invalidité est donc structurellement plus élevé qu’un résident ne l’imagine.
- Le partenaire non marié, fréquent chez les frontaliers, n’a droit à rien de l’AVS ni du minimum LPP.
- À la sortie, le capital d’un 3a est imposé en France, sur option, au prélèvement forfaitaire de 7,5 % après un abattement de 10 % ; une rente y est imposée comme une pension. Là encore, avoir le choix a une valeur.
Transparence : Smart Léman distribue les contrats de Liechtenstein Life et est rémunéré par l’assureur ; nous l’écrivons parce que la question est légitime. Nous distribuons aussi des solutions bancaires et nous conseillons régulièrement à des clients de rester en banque quand c’est leur intérêt. Notre premier entretien est gratuit et n’engage à rien.
9. Tableau comparatif complet
| Critère | 3a bancaire (Viac, finpension, frankly, banques) | 3a en assurance (police de prévoyance liée) |
|---|---|---|
| Cadre légal | Convention avec une fondation bancaire (art. 1 OPP3) | Police avec un assureur (art. 1 OPP3) |
| Plafond, déduction, bénéficiaires, impôt | Identiques : 7’258 CHF (36’288 CHF sans LPP) en 2026, déduction intégrale du revenu, ordre légal des bénéficiaires, capital imposé séparément à taux réduit | |
| Frais annuels | Bas chez les fondations en ligne, plus élevés dans certaines banques | Environ 1 % par an en moyenne ; couverture décès ou libération des primes en option |
| Versements | Libres, de 0 au maximum chaque année | Prime convenue, modulable et suspendable selon le contrat |
| Sortie anticipée | Avoir accumulé | Valeur de rachat réduite les trois premières années |
| Décès | Avoir accumulé seulement | Capital-décès garanti dès le premier jour |
| Incapacité de gain | Aucune prestation ; cotisations impossibles sans revenu ; retrait anticipé si rente AI entière | Libération des primes (l’assureur épargne à votre place), rente d’incapacité de gain en option |
| À l’échéance | Capital obligatoirement, au plus tard à 65 ans (70 ans si activité) | Capital ou rente viagère, au choix, à la même échéance |
| Placement | Fonds indiciels du catalogue, jusqu’à 99 % d’actions, pas de choix sectoriel ni de fonds actifs | Fonds et ETF de plusieurs gestionnaires (plus de 200 chez Liechtenstein Life), thèmes et pondérations libres |
| Frontalier domicilié en France | Quelques banques, au cas par cas | Assureurs suisses fermés depuis 2017 ; Liechtenstein Life ouvert |
| Pour qui | Personne à charge, revenus irréguliers, horizon court | Familles, couples non mariés, frontaliers, horizon long, volonté de garder l’option rente |
10. Questions fréquentes
Le 3e pilier bancaire couvre-t-il le décès ou l’invalidité ?
Non. En cas de décès, les bénéficiaires reçoivent uniquement l’épargne accumulée. En cas d’invalidité, aucune prestation n’est versée et les versements s’arrêtent, faute de revenu soumis à l’AVS ; un retrait anticipé est possible si vous touchez une rente AI entière. Seule une police d’assurance ajoute un capital-décès garanti et la libération des primes.
Peut-on toucher un 3e pilier bancaire sous forme de rente ?
Non. Une fondation bancaire verse un capital, au plus tôt cinq ans avant l’âge de référence et au plus tard à 65 ans, ou 70 ans si vous exercez encore une activité. L’option rente viagère n’existe que dans les polices d’assurance, et elle reste facultative : vous pouvez aussi y prendre le capital.
Que touche ma famille avec l’AVS et la LPP si je décède ?
Au minimum légal en 2026 : conjoint 80 % de la rente AVS (1’008 à 2’016 CHF/mois) et 60 % de la rente d’invalidité LPP, à condition d’avoir un enfant ou d’avoir 45 ans et 5 ans de mariage ; orphelins 40 % de l’AVS et 20 % de la LPP chacun. Un partenaire non marié ne reçoit rien de l’AVS ni du minimum LPP. Aucun capital-décès n’est prévu dans le minimum légal.
Que toucherais-je en cas d’invalidité totale ?
Une rente AI de 1’260 à 2’520 CHF par mois selon votre revenu, plus une rente LPP égale à 6,8 % de votre avoir de vieillesse projeté à 65 ans. Pour un salarié de 35 ans à 80’000 CHF au minimum LPP, cela représente environ 3’900 CHF par mois, soit 58 % du salaire brut. Tout salaire au-delà de 90’720 CHF n’est pas couvert par le régime obligatoire.
Un frontalier a-t-il les mêmes rentes AI qu’un résident ?
Non. La rente AI est calculée au prorata des années cotisées en Suisse par rapport aux années de sa classe d’âge, et la France ne verse rien pour ces années puisque le frontalier ne cotise pas à l’assurance invalidité française. Un frontalier de 38 ans avec huit années suisses touche environ 48 % de la rente d’un résident. La rente d’invalidité LPP, elle, est complète.
Quel assureur accepte encore les frontaliers pour un 3e pilier ?
Depuis 2017, les assureurs suisses ont cessé de conclure des polices 3a avec des personnes domiciliées en France. À notre connaissance, Liechtenstein Life est le seul assureur encore ouvert aux frontaliers, dans le cadre de l’accord Suisse-Liechtenstein sur l’assurance directe. Côté bancaire, quelques banques acceptent encore les frontaliers, au cas par cas.
Vaut-il mieux un 3a bancaire plus une assurance risque séparée ?
Cette combinaison est parfois proposée. Elle a deux limites : une assurance décès séparée ne libère pas les primes de votre épargne en cas d’invalidité, et les assurances risque des assureurs suisses ne sont pas accessibles aux frontaliers. Pour une famille ou un couple non marié, la police 3a intégrée reste souvent plus simple et plus complète.
L’impôt sur le retrait en capital va-t-il augmenter ?
Le Conseil fédéral l’a proposé en 2025 dans le programme d’allègement budgétaire 2027 ; le Parlement a refusé la mesure en mars 2026. Le barème actuel reste donc en vigueur, mais l’épisode montre que la fiscalité du capital peut être remise en question d’ici votre retraite. Garder une option de rente est une manière de ne pas dépendre d’un seul régime fiscal.
Une police 3a est-elle une arnaque, comme on le lit sur certains forums ?
Non, mais une police mal vendue peut en avoir l’air : frais non expliqués, valeur de rachat quasi nulle les premières années, prime trop élevée pour le budget. La différence tient au contrat et au conseil, pas au principe de la police.
Peut-on avoir un 3a bancaire et un 3a en assurance en même temps ?
Oui. La police apporte la couverture, la libération des primes et l’option rente ; un compte peut compléter pour la part flexible. Le plafond de 7’258 CHF s’applique au total des deux, et avoir plusieurs contrats permet aussi d’échelonner les retraits à la retraite pour réduire l’impôt.
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Faire mon bilan gratuit Prendre rendez-vousPour aller plus loin : le guide complet du 3e pilier · 3a ou 3b : quel 3e pilier choisir · ouvrir un 3e pilier : les étapes · retrait du 3e pilier et impôts · le 3e pilier pour frontaliers · le 2e pilier des frontaliers
Sources
- OFAS, Montants valables à partir du 1er janvier 2026 (06.11.2025) : bsv.admin.ch · Chiffres repères de la prévoyance professionnelle 2026 : bsv.admin.ch
- Loi sur l’AVS (art. 23-24, 33-38), loi sur l’AI (art. 28-38), règlement AVS (art. 52) : fedlex.admin.ch · Mémentos AVS/AI 3.03 (survivants, état 01.01.2026) et 4.04 (rentes AI), 880 (UE/AELE) : ahv-iv.ch
- Loi sur la prévoyance professionnelle (art. 18-26, 34a), OPP 2 (art. 24) : fedlex.admin.ch · OFS, statistique des caisses de pension 2023 : bfs.admin.ch
- AFC, circulaire n° 18a du 22.12.2025 sur la prévoyance liée (pilier 3a) : estv.admin.ch · OPP 3 : fedlex.admin.ch · Calculette de l’impôt sur les prestations en capital, Genève : ge.ch
- DFF, fiche « Imposition des retraits en capital » (25.06.2025) : efv.admin.ch · Parlement, objet 25.063, programme d’allègement 2027 : parlament.ch
- Règlement (CE) n° 883/2004 (art. 6, 44-52, annexe VIII) : cleiss.fr · Assurance maladie française, travailleur frontalier suisse : ameli.fr · Code général des impôts, art. 163 bis : legifrance.gouv.fr
- Accord entre la Confédération suisse et la Principauté de Liechtenstein sur l’assurance directe (RS 0.961.514) : fedlex.admin.ch · Liechtenstein Life, Prosperity 3a : liechtensteinlife.com
Les calculs des six situations reposent sur les formules légales citées et sur des hypothèses simplificatrices indiquées dans le texte ; ils ne remplacent pas une analyse individuelle. Aucun rendement futur n’est garanti.
