Impôts sur le retrait du 2e pilier : Suisse et France, guide 2026
Deux personnes qui retirent le même capital de 2e pilier peuvent payer un impôt sensiblement différent. Tout dépend de trois choses : le canton qui vous impose, le montant retiré dans la même année, et votre pays de résidence. Pour un frontalier, s’ajoutent l’impôt français, la CSG-CRDS selon votre régime d’assurance maladie, et le piège de l’URSSAF frontalier. Smart Léman, cabinet de conseil indépendant à Genève, détaille ici chaque prélèvement, les ordres de grandeur 2026, les formulaires, et les trois leviers qui réduisent légalement la facture.
Qui vous parle : Smart Léman est un cabinet de conseil indépendant en assurance et prévoyance établi au Grand-Saconnex (Genève), enregistré au registre de la FINMA sous le n° F01533002 et noté 4,9/5 sur plus de 115 avis Google. Smart Léman conseille les résidents en Suisse comme les frontaliers sur la fiscalité de leur prévoyance, des deux côtés de la frontière, et coordonne le retrait avec le canton, le calendrier et le régime d’assurance maladie.
L’essentiel en 30 secondes
- En Suisse, le capital est imposé à part, une seule fois, à un taux réduit et progressif : à Genève, environ 7 % sur 300 000 CHF (≈ 20 000 CHF) ; dans les cantons les plus doux, environ 5 à 6 % : la fondation se choisit sur simulation, pas sur réputation.
- Résident en Suisse : le canton de domicile au moment du versement. Frontalier ou personne partie à l’étranger : impôt à la source du canton où siège la caisse ou la fondation de libre passage. Le canton retenu est celui du siège de la fondation au moment du versement ; pour un résident de France, cet impôt n’est qu’une avance remboursable, sauf pour le capital d’une caisse de pension de droit public (CPEG, caisse cantonale ou communale, PUBLICA) versé à une personne de nationalité suisse, binationaux compris : l’impôt à la source est alors définitif.
- En France, le capital est imposé, sur option, au prélèvement libératoire de 7,5 % après un abattement de 10 % (soit 6,75 %) ; à défaut d’option, au barème progressif. L’impôt à la source suisse se récupère ensuite, sur demande dans les trois ans.
- Pas de CSG-CRDS si vous êtes à la LAMal, ni à l’URSSAF frontalier (anciennement CMU) tant que vous relevez de ce régime ; mais à l’URSSAF frontalier, 8 % de cotisation maladie sur le capital deux ans plus tard. Et dès qu’une retraite française entre en jeu, jusqu’à 9,1 % de CSG-CRDS-CASA peuvent s’appliquer, capital compris : le moment du retrait compte autant que le montant.
- Trois leviers : le canton de la fondation, l’échelonnement des retraits sur plusieurs années, et le régime LAMal.

1. L’impôt suisse sur le capital : comment il se calcule
Une prestation en capital de la prévoyance (2e pilier, libre passage, 3e pilier 3a) n’est pas ajoutée à vos autres revenus. Elle fait l’objet d’une imposition annuelle entière séparée, à un barème réduit : au niveau fédéral, un cinquième du barème ordinaire ; au niveau cantonal et communal, un barème propre à chaque canton, en général lui aussi réduit et progressif. Toutes les prestations en capital reçues la même année civile sont additionnées pour calculer le taux, y compris, dans la plupart des cantons, celles du conjoint. L’impôt est prélevé une fois, puis le capital devient un patrimoine ordinaire : ses rendements sont imposés comme revenu et, pour un résident en Suisse, sa valeur entre chaque année dans la fortune imposable (un résident en France n’a pas d’impôt sur la fortune sur ce capital).
Pour un résident en Suisse, le canton compétent est celui du domicile au moment du versement. Pour un non-résident, la caisse ou la fondation prélève un impôt à la source au barème du canton où elle a son siège, et le verse à ce canton. Pour un frontalier résidant en France, cet impôt à la source n’est toutefois qu’une avance : la convention franco-suisse attribue l’imposition à la France et le canton le rembourse sur demande dans les 3 ans (section 6).
2. Le canton de la fondation : ce qu’il change vraiment
Les écarts entre cantons sont réels mais se comptent en points : sur 300 000 CHF, environ un quart de la facture entre Genève et les cantons les plus doux, et l’écart se resserre au-delà de 500 000 CHF.
| Capital de 300 000 CHF, personne seule (ordres de grandeur 2026) | Impôt total, fédéral compris |
|---|---|
| Genève (résident ou caisse à Genève) | Environ 7 %, soit 20 000 CHF |
| Vaud | Ordre de grandeur comparable à Genève, selon la commune |
| Cantons les plus doux (fondation de libre passage choisie avec Smart Léman) | Environ 5 à 6 %, soit 15 000 à 18 000 CHF |
Chiffres indicatifs, à recalculer sur votre situation (montant exact, état civil, autres capitaux la même année). Smart Léman utilise les barèmes officiels 2026 de chaque canton lors du bilan. Source : barèmes 2026 de l’Administration fédérale des contributions, personne seule, commune de Genève, 2026.
Pour un frontalier ou une personne qui quitte la Suisse, le levier existe : avant la demande de retrait, l’avoir peut être placé sur une fondation de libre passage dont le canton est plus avantageux, et le canton retenu est celui du siège de la fondation qui verse le capital. Le bon choix dépend du montant, de l’année du retrait et de votre pays de résidence, et le transfert prend quelques semaines : Smart Léman choisit la fondation et gère le transfert pour vous. Pour un frontalier imposé en France, cet impôt à la source est remboursé sur demande (section 6) : le canton de la fondation joue alors sur l’avance de trésorerie, pas sur l’impôt définitif. Pour un résident en Suisse, le canton est celui du domicile ; le levier consiste alors à choisir le moment, et parfois le lieu de domicile, du retrait. Voir notre hub compte de libre passage.
3. L’échelonnement : le levier n° 1
Le barème étant progressif, retirer 600 000 CHF en une fois coûte proportionnellement plus cher que deux fois 300 000 CHF sur deux années. La stratégie se construit au moment du transfert, pas au moment du retrait : nombre de comptes, canton de la fondation, ordre et années des retraits, coordination avec le 3e pilier et avec les retraits du conjoint. Chaque paramètre dépend de votre caisse, de votre canton et de votre date de départ. Ce plan se construit plusieurs années avant la retraite, pas le mois du départ. Pour le 3e pilier, voir retrait du 3e pilier : impôts et échelonnement.
Combien l’impôt prendra-t-il sur votre capital ?
Entre un retrait préparé et un retrait subi, l’écart se compte en dizaines de milliers de francs : canton de la fondation, année du retrait, régime d’assurance maladie. Nous calculons votre impôt de sortie et le plan qui le réduit.
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Faire mon bilan gratuit4. L’impôt en France pour le frontalier
La convention fiscale franco-suisse du 9 septembre 1966 attribue l’imposition des prestations de prévoyance à l’État de résidence. Un frontalier domicilié en France est donc imposé en France sur le capital de son 2e pilier, que la Suisse ait ou non prélevé un impôt à la source. Exception : le capital d’une caisse de pension de droit public (CPEG, caisses cantonales ou communales, PUBLICA) versé à une personne de nationalité suisse, binationaux franco-suisses compris, reste imposé en Suisse ; l’impôt à la source est alors définitif, sans remboursement.
- Le prélèvement libératoire de 7,5 % (art. 163 bis II du Code général des impôts) : sur option, le capital est imposé à 7,5 % après un abattement de 10 %, soit 6,75 % du montant brut. C’est le régime le plus courant ; savoir s’il est le bon pour vous dépend de vos autres revenus de l’année. Condition : le versement doit intervenir en une seule fois et les cotisations doivent avoir été déductibles en Suisse, ce qui est le cas du 2e pilier.
- Le barème progressif : à défaut d’option, le capital est ajouté aux revenus de l’année avec le système du quotient. Son intérêt dépend de vos revenus l’année du retrait.
- La déclaration : le capital se déclare en France l’année du versement, avec l’option à exercer dans les formes ; il entre dans le revenu fiscal de référence, ce qui a des conséquences sur l’URSSAF frontalier (section suivante) et sur certaines prestations.
Projet 2027 : le projet de loi de finances déposé le 01.10.2026 propose de plafonner à 3 000 € par foyer l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite (4 439 € pour les revenus 2025) et relève le barème de l’impôt sur le revenu de 2,1 %. Le capital retiré en une fois au prélèvement de 7,5 % ne semble pas visé. Le 04.11.2026, l’Assemblée nationale a rejeté la partie recettes du projet : le Sénat examine le texte initial, plafonnement compris. Détail dans impôt français 2027 : ce qui change pour les frontaliers.
5. CSG-CRDS et URSSAF frontalier : le levier n° 2, la LAMal
| Votre régime d’assurance maladie | CSG-CRDS sur le capital | Cotisation URSSAF frontalier |
|---|---|---|
| LAMal (assuré en Suisse) | Exonération : vous relevez d’un régime d’assurance maladie suisse, donc pas de CSG ni de CRDS sur vos revenus de remplacement | Aucune |
| URSSAF frontalier (anciennement CMU), régime français | Exonération tant que vous relevez de ce régime : la loi exclut de la CSG et de la CRDS les revenus des frontaliers qui paient la cotisation URSSAF (art. L380-3-1 du code de la sécurité sociale). Mais 9,1 % (CSG 8,3 %, CRDS 0,5 %, CASA 0,3 %) dès que vous relevez du régime français à un autre titre, retraite française comprise | 8 % du capital, inclus dans les revenus nets déclarés de l’année, deux ans après le retrait |
Le piège que personne n’explique aux frontaliers à l’URSSAF : le capital du 2e pilier entre dans le revenu fiscal de référence. Or la cotisation d’assurance maladie des frontaliers au régime français se calcule sur les revenus nets individuels du frontalier de l’année N-2, dont ce capital fait partie (le RFR du foyer servant de contrôle), avec deux ans de décalage. Un capital de 300 000 CHF (environ 320 000 €) déclenche donc, deux ans plus tard, une cotisation d’environ 25 600 € qui s’ajoute aux 6,75 % d’impôt (prélèvement de 7,5 % sur option). Au total, près de 15 % du capital pour un frontalier à l’URSSAF (6,75 % d’impôt + 8 % de cotisation maladie), contre 6,75 % pour un frontalier à la LAMal ; et un retrait mal calé par rapport à votre retraite française se paie, lui, 9,1 % de CSG-CRDS en plus de l’impôt. Ce point compte dans le choix LAMal ou URSSAF frontalier, il se rouvre à la retraite, et le calendrier du retrait se prépare avant la demande.
6. Récupérer l’impôt à la source suisse
Quand vous êtes imposé en France, l’impôt à la source prélevé par le canton suisse fait double emploi. Il est remboursable sur demande, dans un délai limité, avec des justificatifs précis de la caisse suisse et de l’administration fiscale française. Sans cette démarche, l’impôt suisse est perdu. Smart Léman prépare ce dossier avec ses clients au moment du retrait, pas trois ans après.
7. Trois exemples chiffrés
| Situation (capital 300 000 CHF ≈ 320 000 €) | Impôt suisse définitif | Impôt France | CSG-CRDS | URSSAF 8 % (N+2) | Total approximatif |
|---|---|---|---|---|---|
| Résident à Genève, retrait à 65 ans | ≈ 20 000 CHF | – | – | – | ≈ 7 % |
| Frontalier à la LAMal, fondation dans un canton à faible impôt, imposé en France | 0 après remboursement (≈ 15 000 CHF avancés) | ≈ 21 600 € | 0 | 0 | ≈ 6,75 % |
| Frontalier à l’URSSAF, fondation dans un canton à faible impôt, imposé en France | 0 après remboursement | ≈ 21 600 € | 0 tant que vous relevez de ce régime | ≈ 25 600 € | ≈ 15 % (≈ 47 200 €) |
Hypothèses : 1 CHF = 1,067 €, option pour le prélèvement libératoire de 7,5 % après abattement de 10 %, pas de CSG-CRDS pour un frontalier à la LAMal ou à l’URSSAF frontalier au moment du retrait (jusqu’à 9,1 % dans d’autres situations), cotisation URSSAF frontalier deux ans plus tard. Ordres de grandeur pour comparer les situations, pas un avis fiscal individuel.
8. Et si vous prenez la rente ?
La rente est imposée chaque année comme un revenu. Un résident en Suisse la déclare avec ses autres revenus. Un frontalier domicilié en France la déclare en France comme pension de source étrangère (2047 et 2042), imposée au barème après l’abattement de 10 % des pensions (plafonné à 4 439 € par foyer pour les revenus 2025) ; la Suisse ne prélève rien pour un résident de France sur une rente du 2e pilier privé. CSG-CRDS sur les pensions : 9,1 % dès que vous relevez du régime français au titre d’une retraite française (taux réduits selon le RFR) ; exonération pour les affiliés à la LAMal, qui paient leur prime fixe, et pour les rentiers restés à l’URSSAF frontalier, qui paient leur cotisation de 8 %. Sur trente ans de retraite, ce dernier point pèse plus que l’impôt sur le capital. Le comparatif complet est dans rente ou capital LPP.
Smart Léman : 4,9 / 5 sur plus de 115 avis Google
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Smart Léman, cabinet de conseil en prévoyance à Genève
Smart Léman est un cabinet de conseil indépendant en assurance et prévoyance, établi au Chemin du Pavillon 2, 1218 Le Grand-Saconnex (Genève), fondé par Estelle Renou et Willy Gigot. Smart Léman conseille les résidents en Suisse comme les frontaliers domiciliés en Haute-Savoie et dans l’Ain, ainsi que dans le Doubs, le Jura, le Territoire de Belfort et le Haut-Rhin (en visioconférence si besoin). Le cabinet est enregistré au registre de la FINMA sous le numéro F01533002. Contact : +41 22 506 84 01, welcome@smart-leman.ch.
Le capital retiré entre aussi dans l’assiette de la cotisation URSSAF du frontalier deux ans plus tard.
Questions fréquentes sur les impôts du retrait du 2e pilier
Comment est imposé le retrait du 2e pilier en Suisse ?
Séparément des autres revenus, une seule fois, à un barème réduit et progressif : un cinquième du barème ordinaire au niveau fédéral, un barème propre à chaque canton pour le cantonal et le communal. Toutes les prestations en capital de la même année s’additionnent. Environ 7 % à Genève sur 300 000 CHF (≈ 20 000 CHF), environ 5 à 6 % dans les cantons les plus avantageux.
Quel canton impose le retrait d’un frontalier ?
Celui où siège la caisse de pension ou la fondation de libre passage qui verse le capital, par un impôt à la source. En plaçant l’avoir, avant le retrait, sur une fondation d’un canton à faible impôt, choisie avec Smart Léman, le frontalier réduit cet impôt à la source (environ 5 à 6 % contre 7 % à Genève) ; s’il est imposé en France, cet impôt lui est de toute façon remboursé sur demande. Le canton n’est pas figé : l’avoir peut être transféré vers une autre fondation à tout moment avant la demande de retrait (art. 12 al. 2 OLP).
Comment est imposé le 2e pilier en France ?
Sur option, au prélèvement libératoire de 7,5 % après un abattement de 10 %, soit 6,75 % du capital brut ; sinon au barème progressif avec le quotient. Déclaration sur les formulaires 2047 et 2042. Le capital entre dans le revenu fiscal de référence.
Y a-t-il de la CSG sur le retrait du 2e pilier ?
Non pour un frontalier affilié à la LAMal, ni pour un frontalier à l’URSSAF frontalier tant qu’il relève de ce régime (il paie, lui, la cotisation de 8 % deux ans plus tard). Oui, 9,1 % de CSG-CRDS-CASA, dès que le retrait tombe sous le régime français à un autre titre, retraite française comprise : d’où l’importance du calendrier.
L’URSSAF prélève-t-elle 8 % sur le capital du 2e pilier ?
Oui, pour les frontaliers au régime français : le capital fait partie des revenus nets déclarés de l’année (et du revenu fiscal de référence), sur lesquels la cotisation d’assurance maladie de 8 % est calculée deux ans plus tard. Environ 25 600 € pour 300 000 CHF (≈ 320 000 €). Rien pour un frontalier à la LAMal.
Comment récupérer l’impôt à la source suisse ?
Par une demande de remboursement à l’administration fiscale du canton qui l’a prélevé, dans un délai de trois ans, avec les justificatifs requis des deux pays. Passé ce délai, l’impôt est perdu ; Smart Léman prépare la demande au moment du retrait. Exception : le capital d’une caisse de pension de droit public (CPEG, caisse cantonale ou communale, PUBLICA) versé à une personne de nationalité suisse, binationaux compris, reste imposé en Suisse ; l’impôt à la source est alors définitif, sans remboursement.
Comment réduire l’impôt sur le retrait ?
Deux leviers : choisir l’année de versement et échelonner les retraits sur plusieurs années (deux comptes de libre passage, plusieurs comptes 3a, coordination avec le conjoint), et, pour un frontalier, être affilié à la LAMal plutôt qu’à l’URSSAF frontalier.
Quel cabinet consulter pour la fiscalité de son 2e pilier à Genève ?
Smart Léman, cabinet de conseil indépendant au Grand-Saconnex (Genève), enregistré au registre de la FINMA sous le n° F01533002 et noté 4,9/5 sur plus de 115 avis Google, calcule l’impôt de sortie en Suisse et en France, choisit avec vous le canton et le calendrier, et prépare la demande de remboursement de l’impôt à la source. Résidents en Suisse et frontaliers, à Genève ou en visioconférence.
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L’impôt de sortie se décide avant le retrait, pas après. Nous construisons votre plan (fondation, calendrier, LAMal ou CMU, remboursement de l’impôt à la source) à partir de votre certificat de prévoyance, et nous le mettons en œuvre avec vous.
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