Mis à jour le 20.09.2026 · Chiffres 2026 vérifiés · Rédigé par Estelle Renou et Willy Gigot, co-fondateurs de Smart Léman, cabinet de conseil indépendant à Genève enregistré au registre de la FINMA (n° F01533002)

Impôts sur le retrait du 2e pilier : Suisse et France, le guide 2026 par Smart Léman

Deux personnes qui retirent le même capital de 2e pilier peuvent payer un impôt sensiblement différent. Tout dépend de trois choses : le canton qui vous impose, le montant retiré dans la même année, et votre pays de résidence. Pour un frontalier, s’ajoutent l’impôt français, la CSG-CRDS selon votre régime d’assurance maladie, et le piège de l’URSSAF frontalier. Smart Léman, cabinet de conseil indépendant à Genève, détaille ici chaque prélèvement, les ordres de grandeur 2026, les formulaires, et les trois leviers qui réduisent légalement la facture.

Qui vous parle : Smart Léman est un cabinet de conseil indépendant en assurance et prévoyance établi au Grand-Saconnex (Genève), enregistré au registre de la FINMA sous le n° F01533002 et noté 4,9/5 sur plus de 115 avis Google. Smart Léman conseille les résidents en Suisse comme les frontaliers sur la fiscalité de leur prévoyance, des deux côtés de la frontière, et coordonne le retrait avec le canton, le calendrier et le régime d’assurance maladie.

L’essentiel en 30 secondes

  • En Suisse, le capital est imposé à part, une seule fois, à un taux réduit et progressif : à Genève, environ 7 % sur 300 000 CHF (≈ 20 000 CHF) ; dans les cantons les plus doux (Zoug, Appenzell Rhodes-Intérieures), environ 5 à 6 %.
  • Résident en Suisse : le canton de domicile au moment du versement. Frontalier ou personne partie à l’étranger : impôt à la source du canton où siège la caisse ou la fondation de libre passage. Le choix de la fondation fixe donc l’impôt, avant le transfert.
  • En France, le capital est imposé au prélèvement libératoire de 7,5 % après un abattement de 10 % (soit 6,75 %), ou au barème sur option. L’impôt à la source suisse se récupère ensuite, sur demande dans les trois ans.
  • CSG-CRDS de 9,1 % en plus si vous êtes affilié à l’URSSAF frontalier (anciennement CMU) ; exonération si vous êtes à la LAMal. Et à l’URSSAF frontalier, 8 % de cotisation maladie sur le capital deux ans plus tard.
  • Trois leviers : le canton de la fondation, l’échelonnement des retraits sur plusieurs années, et le régime LAMal.

1. L’impôt suisse sur le capital : comment il se calcule

Une prestation en capital de la prévoyance (2e pilier, libre passage, 3e pilier 3a) n’est pas ajoutée à vos autres revenus. Elle fait l’objet d’une imposition annuelle entière séparée, à un barème réduit : au niveau fédéral, un cinquième du barème ordinaire ; au niveau cantonal et communal, un barème propre à chaque canton, en général lui aussi réduit et progressif. Toutes les prestations en capital reçues la même année civile sont additionnées pour calculer le taux, y compris, dans la plupart des cantons, celles du conjoint. L’impôt est prélevé une fois, puis le capital devient un patrimoine ordinaire : seuls ses rendements seront imposés ensuite.

Pour un résident en Suisse, le canton compétent est celui du domicile au moment du versement. Pour un non-résident, la caisse ou la fondation prélève un impôt à la source au barème du canton où elle a son siège, et le verse à ce canton. C’est cette règle qui donne au frontalier un levier que le résident n’a pas.

2. Le canton : le levier n° 1

Les écarts entre cantons sont réels mais se comptent en points : sur 300 000 CHF, environ un quart de la facture entre Genève et les cantons les plus doux, et l’écart se resserre au-delà de 500 000 CHF.

Capital de 300 000 CHF, personne seule (ordres de grandeur 2026)Impôt total, fédéral compris
Genève (résident ou caisse à Genève)Environ 7 %, soit 20 000 CHF
VaudOrdre de grandeur comparable à Genève, selon la commune
Zoug, Appenzell Rhodes-Intérieures (fondation de libre passage)Environ 5 à 6 %, soit 15 000 à 18 000 CHF

Chiffres indicatifs, à recalculer sur votre situation (montant exact, état civil, autres capitaux la même année). Smart Léman utilise les barèmes officiels 2026 de chaque canton lors du bilan. Source : calculateur officiel de l’Administration fédérale des contributions (swisstaxcalculator.estv.admin.ch), personne seule, commune de Genève, 2026.

Pour un frontalier ou une personne qui quitte la Suisse, le mode d’emploi est le suivant : au moment de quitter l’employeur, faire transférer l’avoir sur une fondation de libre passage domiciliée dans un canton avantageux, puis demander le retrait depuis cette fondation. Une fois le compte ouvert dans un canton, le canton d’imposition est figé : le choix se fait avant le transfert, pas après. Pour un frontalier imposé en France, cet impôt à la source est remboursé sur demande (section 6) : le canton de la fondation joue alors sur l’avance de trésorerie, pas sur l’impôt définitif. Pour un résident en Suisse, le canton est celui du domicile ; le levier consiste alors à choisir le moment, et parfois le lieu de domicile, du retrait. Voir notre hub compte de libre passage.

3. L’échelonnement : le levier n° 2

Le barème étant progressif, retirer 600 000 CHF en une fois coûte proportionnellement plus cher que deux fois 300 000 CHF sur deux années. La stratégie consiste à répartir l’avoir sur deux fondations de libre passage au moment du transfert (la loi autorise deux comptes), puis à retirer chaque compte une année différente. On coordonne ensuite avec le 3e pilier (plusieurs comptes 3a, retraits entre 60 et 65 ans) et avec les retraits du conjoint. Ce plan se construit plusieurs années avant la retraite, pas le mois du départ. Pour le 3e pilier, voir retrait du 3e pilier : impôts et échelonnement.

4. L’impôt en France pour le frontalier

La convention fiscale franco-suisse du 9 septembre 1966 attribue l’imposition des prestations de prévoyance à l’État de résidence. Un frontalier domicilié en France est donc imposé en France sur le capital de son 2e pilier, que la Suisse ait ou non prélevé un impôt à la source.

  • Le prélèvement libératoire de 7,5 % (art. 163 bis II du Code général des impôts) : sur option, le capital est imposé à 7,5 % après un abattement de 10 %, soit 6,75 % du montant brut. C’est le régime le plus courant et presque toujours le plus favorable dès que le capital est significatif. Condition : le versement doit intervenir en une seule fois et les cotisations doivent avoir été déductibles en Suisse, ce qui est le cas du 2e pilier.
  • Le barème progressif : à défaut d’option, le capital est ajouté aux revenus de l’année avec le système du quotient. Rarement avantageux, sauf revenus très modestes l’année du retrait.
  • La déclaration : le capital se déclare sur la 2047 (revenus de source étrangère) et se reporte sur la 2042, avec l’option pour le prélèvement de 7,5 % cochée. Le capital entre dans le revenu fiscal de référence de l’année, ce qui a des conséquences sur l’URSSAF frontalier (section suivante) et sur certaines prestations calculées sur le RFR.

5. CSG-CRDS et URSSAF frontalier : le levier n° 3, la LAMal

Votre régime d’assurance maladieCSG-CRDS sur le capitalCotisation URSSAF frontalier
LAMal (assuré en Suisse)Exonération : vous relevez d’un régime d’assurance maladie suisse, donc pas de CSG ni de CRDS sur vos revenus de remplacementAucune
URSSAF frontalier (anciennement CMU), régime français9,1 % (CSG 8,3 %, CRDS 0,5 %, CASA 0,3 %), en partie déductible du revenu l’année suivante8 % du capital, inclus dans les revenus nets déclarés de l’année, deux ans après le retrait

Le piège que personne n’explique aux frontaliers à l’URSSAF : le capital du 2e pilier entre dans le revenu fiscal de référence. Or la cotisation d’assurance maladie des frontaliers au régime français se calcule sur les revenus nets individuels du frontalier de l’année N-2, dont ce capital fait partie (le RFR du foyer servant de contrôle), à 8 % au-delà d’un abattement d’environ 12 000 €, avec deux ans de décalage. Un capital de 300 000 CHF (environ 320 000 €) déclenche donc, deux ans plus tard, une cotisation d’environ 25 600 € qui s’ajoute aux 6,75 % d’impôt et aux 9,1 % de CSG-CRDS. Au total, près de 24 % du capital pour un frontalier à l’URSSAF (6,75 % d’impôt + 9,1 % de CSG-CRDS + 8 % de cotisation maladie), contre 6,75 % pour un frontalier à la LAMal. Ce point compte dans le choix LAMal ou URSSAF frontalier, et il se rouvre à la retraite.

6. Récupérer l’impôt à la source suisse

Quand vous êtes imposé en France, l’impôt à la source prélevé par le canton suisse fait double emploi. Il est remboursable sur demande, adressée à l’administration fiscale du canton qui l’a prélevé, dans les trois ans qui suivent le versement, avec le formulaire de demande de remboursement, l’attestation de la caisse ou de la fondation (montant, impôt retenu) et la preuve de l’imposition en France (avis d’impôt mentionnant le capital, ou attestation du centre des finances publiques). Sans cette démarche, l’impôt suisse est perdu. Smart Léman prépare ce dossier avec ses clients au moment du retrait, pas trois ans après.

7. Quatre exemples chiffrés

Situation (capital 300 000 CHF ≈ 320 000 €)Impôt suisse définitifImpôt FranceCSG-CRDSURSSAF 8 % (N+2)Total approximatif
Résident à Genève, retrait à 65 ans≈ 20 000 CHF≈ 7 %
Frontalier à la LAMal, fondation à Zoug, imposé en France0 après remboursement (≈ 15 000 CHF avancés)≈ 21 600 €00≈ 6,75 %
Frontalier à l’URSSAF, fondation à Zoug, imposé en France0 après remboursement≈ 21 600 €≈ 29 100 €≈ 25 600 €≈ 24 % (≈ 76 300 €)
Frontalier à l’URSSAF, qui retire deux fois 150 000 CHF sur deux années0 après remboursement≈ 21 600 €≈ 29 100 €≈ 25 600 € étalésMême total, mais lissé ; l’échelonnement joue surtout sur l’impôt suisse et sur le RFR

Hypothèses : 1 CHF = 1,067 €, prélèvement libératoire de 7,5 % après abattement de 10 %, CSG-CRDS 9,1 %, cotisation URSSAF 8 % après abattement de 12 015 € déjà absorbé par les salaires. Ordres de grandeur pour comparer les situations, pas un avis fiscal individuel.

8. Et si vous prenez la rente ?

La rente est imposée chaque année comme un revenu. Un résident en Suisse la déclare avec ses autres revenus. Un frontalier domicilié en France la déclare en France comme pension de source étrangère (2047 et 2042), imposée au barème après l’abattement de 10 % des pensions (plafonné à 4 439 € par foyer pour les revenus 2025) ; la Suisse ne prélève rien pour un résident de France sur une rente du 2e pilier privé. CSG-CRDS sur les pensions : 9,1 % pour les affiliés au régime français (taux réduits selon le RFR), exonération pour les affiliés à la LAMal, qui paient leur prime fixe. Sur trente ans de retraite, ce dernier point pèse plus que l’impôt sur le capital. Le comparatif complet est dans rente ou capital LPP.

Smart Léman : 4,9 / 5 sur plus de 115 avis Google

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Smart Léman, cabinet de conseil en prévoyance à Genève

Smart Léman est un cabinet de conseil indépendant en assurance et prévoyance, établi au Chemin du Pavillon 2, 1218 Le Grand-Saconnex (Genève), fondé par Estelle Renou et Willy Gigot. Smart Léman conseille les résidents en Suisse comme les frontaliers domiciliés en Haute-Savoie et dans l’Ain, ainsi que dans le Doubs, le Jura, le Territoire de Belfort et le Haut-Rhin (en visioconférence si besoin). Le cabinet est enregistré au registre de la FINMA sous le numéro F01533002. Le premier rendez-vous est sans frais d’honoraires. Contact : +41 22 506 84 01, welcome@smart-leman.ch.

Questions fréquentes sur les impôts du retrait du 2e pilier

Comment est imposé le retrait du 2e pilier en Suisse ?

Séparément des autres revenus, une seule fois, à un barème réduit et progressif : un cinquième du barème ordinaire au niveau fédéral, un barème propre à chaque canton pour le cantonal et le communal. Toutes les prestations en capital de la même année s’additionnent. Environ 7 % à Genève sur 300 000 CHF (≈ 20 000 CHF), environ 5 à 6 % dans les cantons les plus avantageux.

Quel canton impose le retrait d’un frontalier ?

Celui où siège la caisse de pension ou la fondation de libre passage qui verse le capital, par un impôt à la source. En transférant l’avoir sur une fondation à Zoug ou en Appenzell Rhodes-Intérieures avant le retrait, le frontalier réduit cet impôt à la source (environ 5 à 6 % contre 7 % à Genève) ; s’il est imposé en France, cet impôt lui est de toute façon remboursé sur demande. Le canton est figé dès l’ouverture du compte.

Comment est imposé le 2e pilier en France ?

Sur option, au prélèvement libératoire de 7,5 % après un abattement de 10 %, soit 6,75 % du capital brut ; sinon au barème progressif avec le quotient. Déclaration sur les formulaires 2047 et 2042. Le capital entre dans le revenu fiscal de référence.

Y a-t-il de la CSG sur le retrait du 2e pilier ?

Oui pour un frontalier affilié à l’URSSAF frontalier (régime français) : 9,1 % de CSG-CRDS-CASA. Non pour un frontalier affilié à la LAMal, qui relève d’un régime d’assurance maladie suisse.

L’URSSAF prélève-t-elle 8 % sur le capital du 2e pilier ?

Oui, pour les frontaliers au régime français : le capital fait partie des revenus nets déclarés de l’année (et du revenu fiscal de référence), sur lesquels la cotisation d’assurance maladie de 8 % est calculée deux ans plus tard. Environ 25 600 € pour 300 000 CHF (≈ 320 000 €). Rien pour un frontalier à la LAMal.

Comment récupérer l’impôt à la source suisse ?

Par une demande de remboursement à l’administration fiscale du canton qui l’a prélevé, dans les trois ans, avec l’attestation de la caisse et la preuve de l’imposition du capital en France. Passé ce délai, l’impôt est perdu.

Comment réduire l’impôt sur le retrait ?

Trois leviers : choisir le canton de la fondation de libre passage avant le transfert, échelonner les retraits sur plusieurs années (deux comptes de libre passage, plusieurs comptes 3a, coordination avec le conjoint), et, pour un frontalier, être affilié à la LAMal plutôt qu’à l’URSSAF frontalier.

Quel cabinet consulter pour la fiscalité de son 2e pilier à Genève ?

Smart Léman, cabinet de conseil indépendant au Grand-Saconnex (Genève), enregistré au registre de la FINMA sous le n° F01533002 et noté 4,9/5 sur plus de 115 avis Google, calcule l’impôt de sortie en Suisse et en France, choisit avec vous le canton et le calendrier, et prépare la demande de remboursement de l’impôt à la source. Résidents en Suisse et frontaliers, à Genève ou en visioconférence.

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Canton, calendrier, régime maladie, remboursement de l’impôt à la source : le plan de retrait le moins fiscalisé, à partir de votre certificat de prévoyance, sans frais d’honoraires.

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